Archives pour la catégorie ‘Finances publiques

Qui a peur de François Legault?

- 28 août 2011

Faites attention! Un Bonhomme Sept Heures rôde sous la fenêtre de votre chambre à coucher, le soir.

Il s’appelle Frankenstein Legault (ou François, je suis pas sûr). Il mijote des gestes « radicaux » et « brutaux », d’après Jean Charest. Legault dit vouloir se faire élire, rester un seul mandat de 5 ans, et s’en aller. Ouuuh….

En bon père de famille, Jean Charest veut nous protéger.

Please… Quelqu’un peut-il dire à M. Charest que le Québec a besoin de gestes radicaux en ce moment?

C’est fou comme on oublie vite. Le Conference Board, il y a moins d’un an, nous lançait un seau d’eau froide en plein visage. Le déficit annuel (quelque 3 milliards $ cette année) va se creuser à 45 milliards $ en 2030 si on demeure les bras croisés. Principalement à cause des coûts de santé, liés au vieillissement de la population. Les dépenses en santé vont plus que tripler, et accaparer deux tiers du budget (comparé à moins de la moitié aujourd’hui).

Pour maintenir le statu quo (couper nulle part), il va falloir payer une TVQ à 19,5 %! Le message était clair : réveillez-vous! Cessez de vivre au-dessus de vos moyens, ou vous le payerez cher plus tard.

Et le Conference Board était optimiste! Ses calculs ne tenaient pas compte d’une rechute économique mondiale, ou d’un marasme prolongé. Scénario qui devient plus probable chaque jour.

Jean Charest le radical

On fait quoi depuis un an? On dépense autant, sinon plus. Au lieu de réformer l’État, les libéraux s’apprêtent une fois de plus à piger dans nos poches. De nombreuses hausses de tarifs viendront nous frapper d’ici quelques mois.

Cela fait huit ans que le parti libéral trône au pouvoir. Je n’ai pas l’impression que leurs solutions à la petite cuillère ont réglé quoi que ce soit. Peut-être M. Charest devrait-il lui-même envisager des solutions « radicales » ou « brutales »?

On ne parle pas ici de couper sauvagement, ou de jeter les pauvres à la rue. Mais de faire des choix. Et de trouver des solutions pour livrer les services — notamment en santé — de façon plus efficace, moins lourde et moins coûteuse. C’est possible.

Malheureusement, le geste le plus radical des libéraux se résumera à avoir fait exploser la dette du secteur public. Notre carte de crédit collective s’est alourdie de près de 60 milliards $ depuis 2003! (Incluant l’année en cours.) Radical. Malgré cela, nous végétons encore plus longtemps dans les urgences (quand on n’y meurt pas). Et des blocs de béton s’effondrent sur notre tête quand on roule. Brutal.

Qui a peur de François Legault? Ses volontés de réformes demeurent timides, et risquent peu de changer, à terme, la direction qu’emprunte le Québec. Si le chef libéral essaie de dépeindre Legault en épouvantail devant les médias, ce n’est pas pour nous protéger. C’est pour se protéger lui-même, et la réélection de son parti.

C’est comme si M. Charest travaillait fort pour éviter que les Québécois, radicalisés par ce qu’ils perçoivent comme une piètre gestion, le mettent brutalement à la porte.

Gouvernement papa

- 23 février 2011

Mémo à Jean Charest : ce sont les consommateurs et les entrepreneurs qui font rouler l’économie, pas le gouvernement.

Le premier ministre a annoncé mercredi dans son discours que son gouvernement allait encore dépenser à droite et à gauche pour soutenir l’économie. Fonds spéciaux, subventions, tableaux électroniques pour les écoles (?)…

J’aimerais qu’il fasse le contraire. J’aimerais que le gouvernement se tasse du chemin et se concentre sur ses missions essentielles.

Malgré ses infopubs à répétition, ce n’est pas Jean Charest ou Clément Gignac, son ministre du développement économique, qui crée des emplois. Ce sont les Québécois. Ce sont eux qui travaillent, créent la richesse et la dépensent.

Mais pour eux, ça devient de plus en plus difficile. Les Québécois se font presser comme des citrons. Justement parce que leur gouvernement joue au père Noël avec leur argent.  Plus le gouvernement dépense, plus il doit nous taxer par la suite. On se retrouve vite avec une TVQ qui monte, une taxe santé, des hausses de tarifs d’électricité, des taxes sur l’essence, l’automobile, etc. Que nous restera-t-il pour consommer, nous? (Et avec le prix du pétrole qui explose en ce moment, on risque de se serrer la ceinture encore plus dans les mois qui viennent.)

L’État nous remplace

On dirait que de plus en plus, le gouvernement nous remplace. Il se substitue aux entrepreneurs et aux consommateurs pour faire rouler l’économie – avec leur argent. C’est comme lorsque vous aviez 14 ans et que vous tondiez le gazon la fin de semaine. Votre père vous disait,  « c’est moi qui m’occupe de l’argent que tu gagnes. Car tu es trop jeune et insouciant pour savoir ce qui est bon pour toi. »

Notre gouvernement-papa à nous juge que c’est une bonne idée de subventionner, à hauteur de 20 000 $ par emplois, la banque française Société Générale. Une banque qui dégage des profits de plus de 5 milliards $ par année. Une banque qui trempait jusqu’aux genoux dans les prêts hypothécaires « subprime », au centre de la crise économique. Et qui a reçu des milliards du gouvernement français – et indirectement, du gouvernement américain – pour se sauver de la crise.

Par contre, notre gouvernement joue au dur avec les procureurs de la couronne. On subventionne des banquiers, pendant qu’on aide les Hell’s Angels de ce monde en sous-finançant ceux qui essaient de les mettre derrière les barreaux.

Perdu dans ses priorités

Comme le disait avec justesse le sociologue Mathieu Bock-Côté sur les ondes du 98,5 FM, l’État est en train de démissionner de ses fonctions premières – comme la justice. « Le gouvernement libéral semble avoir complètement perdu le sens de l’intérêt public », dit-il. Quand on regarde l’État dépenser – notre dette collective a augmenté d’environ 40 milliards $ depuis 2003 –, pas étonnant qu’il lui reste de moins en moins d’argent pour ses fonctions premières.

Notre gouvernement-papa vit son andropause. Il a des bouffées de chaleur, il engraisse. Il réalise qu’il n’a pas atteint tous ses buts, panique, et tire dans toutes les directions…

Si vous voulez faire quelque chose pour l’économie, M. Charest, arrêtez de subventionner à droite et à gauche. Et faites le ménage dans vos bureaucraties (notamment celle de l’éducation – ça aidera beaucoup plus les élèves que d’acheter des tableaux électroniques.) Et pourquoi pas : essayez de réduire le fardeau fiscal des Québécois au lieu de l’augmenter.

Il est temps de retirer vos mains du volant, d’allez vous assoir en arrière, et de nous laisser conduire un peu.

S.O.S. retraite!

- 28 décembre 2010

Si vous avez moins de 40 ans, j’espère que vous avez une petite fortune dans vos REER. Parce qu’avec vos rentes du gouvernement, vous n’irez pas loin.

La situation est alarmante : si on n’augmente pas tout de suite la cotisation RRQ que vous payez sur votre chèque de paye, la réserve de la Régie des rentes sera vide en 2039.

Dans ce régime public de pension, les jeunes payent la pension des vieux. Quand c’est leur tour de prendre leur retraite, les jeunes derrière eux payent, et ainsi de suite. Une réserve d’une trentaine de milliards est là pour offrir un coussin de sûreté. Mais elle fond à vue d’œil. Pourquoi? La population croît moins vite ici qu’ailleurs. Il y a donc moins de cotisants, pour des retraités plus nombreux chaque année. Pensez à une pyramide inversée, avec les vieux en haut et les jeunes en bas. Sans surprise, la pyramide craque.

Politiciens à courte vue

Quand nos bureaucrates ont inventé ce régime en 1960, ils n’ont pas pensé que nous ferions moins d’enfants et que nous vivrions plus vieux. Les politiciens qui se sont succédé, eux, ont bien vu que le régime fonçait dans le mur. Mais ils ont refusé de hausser les cotisations, par peur de perdre des votes. Ils ont préféré pelleter le problème sur le dos des générations futures – nous.

Et ça continue aujourd’hui. On a appris en début décembre que le taux de cotisation actuel de 9,9 % demeurera pour l’année prochaine (votre employeur paye la moitié de la cotisation). C’est le même taux depuis 2003. Or on sait, depuis 5 ans, que ce taux est insuffisant pour assurer la survie du régime. Les actuaires recommandent de le hausser à 11,02 % au minimum.

Les libéraux ont-ils peur de faire payer les contribuables encore une fois? Probablement. Mais c’est encore plus irresponsable de continuer de pelleter le problème en avant comme ils le font.

La vérité, c’est que les moins de 40 ans sont les poissons d’une vente pyramidale nommée RRQ. Comme dans toute vente pyramidale, les derniers qui entrent se font avoir. Les premiers entrés dans la pyramide, nos grands-parents, payaient à peine 3,6 % sur leur chèque de paye. Ils ont reçu leurs pleines prestations, certains après seulement 15 ans de travail. Nos parents, eux, payaient encore 4,4 % en 1990. Nous, si ça continue, devrons cotiser de 10 % à 13 % toute notre vie pour payer la retraite de nos parents et grands-parents. Pour obtenir quoi en retour? Des miettes. S’il en reste.

Les boomers aussi doivent payer

C’est inéquitable. On demande à une seule génération de payer pour les excès de toutes les autres.

La moindre des choses serait que les retraités actuels – les baby-boomers – acceptent de recevoir moins de rentes que prévu. Question de partager la facture avec nous. Un premier pas pourrait être d’éliminer les ajustements favorables dans le calcul de la rente, qui permettent entre autres d’éliminer les moins bonnes années du calcul.

Réduire les dépenses publiques peut aussi aider. La RRQ est un programme social. On peut renflouer le régime avec l’argent qui provient de l’ensemble des contribuables, si on coupe ailleurs dans les dépenses.

Si les politiciens manquent de colonne pour faire ces choix, alors vaut mieux augmenter les cotisations maintenant. Pendant que les baby-boomers travaillent encore et peuvent cotiser. Mais nos politiciens semblent aussi irresponsables que leurs prédécesseurs. Surtout, ils craignent de perdre les votes des nombreux baby-boomers.

La génération des moins de 40 ans a peu de poids politique. Et elle va payer pour.

Droits de scolarité : aidons ceux qui en ont besoin

- 6 décembre 2010

Moi qui pensais que les associations étudiantes étaient de gauche. Les voilà qui sortent dans la rue pour défendre les privilèges des riches…

Un peu de contexte : le gouvernement a gelé les frais de scolarité entre 1995 et 2007. L’inflation a augmenté d’environ 19 % pendant cette période. En termes réels, les droits de scolarité ont donc diminué.

Depuis 2006-2007, ces droits ont augmenté de 50 $ par session. Et comme le soulignent avec raison les associations étudiantes, les frais « accessoires » (frais technologiques, frais de gestion, etc.) ont grimpé ces dernières années, et alourdissent la facture.

Mais le problème demeure : nos universités ont besoin d’environ 600 millions $ de plus par année pour boucler leur budget et demeurer concurrentielles.

Quelques faits

— Un étudiant universitaire québécois paye en moyenne deux fois moins cher ses droits de scolarité que ses collègues du reste du Canada.

— Il est faux de croire que hausser les droits de scolarité réduit l’accessibilité aux études supérieures. Malgré les droits les plus bas, le Québec affiche un taux de participation aux études universitaires semblable à la moyenne canadienne. La Nouvelle-Écosse et l’Ontario facturent aux étudiants des droits de scolarité plus élevés, et ont tout de même un taux de fréquentation universitaire plus élevé que nous.

— Bon an mal an, deux étudiants universitaires sur trois viennent de familles aisées. Le gel des droits de scolarité est donc en grande partie un cadeau que l’on fait aux mieux nantis.

Faisons payer les riches!

Une hausse des frais de scolarité apparaît inévitable. Et elle peut se faire sans pénaliser les étudiants moins nantis. La solution est simple : qu’on hausse les frais de ceux qui ont les moyens de payer, pour ensuite bonifier l’aide à ceux qui ne l’ont pas.

Aussi, permettre aux universités de moduler les frais de scolarité selon les programmes d’études. En ce moment, les frais sont les mêmes peu importe le programme. Or selon une étude du CIRANO, former un étudiant en santé coûte trois fois plus cher aux contribuables que de former un étudiant en sciences sociales. Un étudiant en lettres paie 42 % des coûts de sa formation. L’étudiant en médecine dentaire, lui, paie seulement 7 %.

Et une fois sur le marché du travail, le remboursement des prêts étudiants pourrait être proportionnel aux revenus gagnés par les diplômés. Quarante ans après son bac, l’étudiant en lettres aura accumulé 206 000 $ de plus, après impôt, que s’il avait arrêté ses études après son DEC. Pour le dentiste, ce sera 1,7 million. Présentement, les deux étudiants payent la même chose pour leur formation.

La pensée magique, ça coûte cher

Les universités doivent aussi faire leur part, en gérant les fonds publics avec rigueur. Les associations étudiantes aussi. J’étais en maîtrise à l’Université de Montréal il y a pas si longtemps. Je me souviens que la panoplie d’associations étudiantes qui me « représentaient » me coûtait un bras chaque session. Encore plus que le dégel de 50 $ des droits de scolarité. Mon obstacle à l’accessibilité des études, c’était plutôt eux!

Tout le monde est pour l’accès à l’éducation. Et tout le monde s’accorde pour dire que les retombées – sur le plan personnel comme pour l’ensemble de la société – sont énormes. L’idée n’est pas de moins aider les étudiants, mais de mieux les aider.

Rappelons-nous que tout ceci est le résultat de nos « choix de société ». Au Québec on préfère syndiquer et subventionner tout ce qui bouge. La pensée magique, ça finit par coûter cher.

Dans ce contexte, les étudiants doivent se poser une question : l’accès pour tous à l’université, oui. Mais dans 15-20 ans, quelle université? Une sous financée, incapable d’attirer les meilleurs professeurs, et offrant des diplômes de moindre valeur?

Une pluie de taxes

- 1 décembre 2010

Ouf… Je suis content d’être déménagé en banlieue il y a trois ans.

Montréal subit une pluie record, selon Météomédia. Les Montréalais, eux, ont subi une pluie de taxes hier. En tout, leur fardeau fiscal grimpe de 4,3 % en moyenne – qui s’ajoute à la hausse de 5,3 % en janvier dernier, rappelez-vous.

Impôt foncier, taxes sur le fonds de l’eau et des infrastructures, taxe sur les terrains de stationnement, taxe d’immatriculation de 45 $, hausse de votre carte mensuelle de Métro… Ça, c’est votre effort. L’effort de l’administration pour réduire ses dépenses? Rien. Au contraire, on va engager quelque 600 employés de plus, et augmenter les dépenses de 5 %.

Oh, j’oubliais. Il y a une vague promesse d’essayer de réduire les dépenses de 250 millions. Sans mesures concrètes, sans plan pour y arriver. Faites-nous confiance, contribuables.

Ça ressemble au dernier budget du gouvernement du Québec, vous ne trouvez pas? Tout ce qui implique de fouiller plus profond dans vos poches, c’est très concret. Noir sur blanc. Mais pour réduire les dépenses : que des promesses floues.

Réduction de dépenses : mode d’emploi

Avant de saigner davantage les Montréalais et les banlieusards avec des péages ou d’autres sources de revenus, commençons par réduire les dépenses. Sinon, on se retrouvera l’an prochain avec le même problème… et encore des taxes.

Montréal compte trop d’élus. Une centaine, contre seulement cinquante à Toronto, une ville pourtant plus populeuse. Chaque élu a une équipe autour de lui. Combien les Montréalais payent-ils en trop pour cet excès de bureaucratie?

L’organigramme de Montréal est trop lourd. Les fusions n’ont pas livré les promesses d’efficacité qu’elles promettaient. On a créé encore plus de postes payés dans les six chiffres. On se retrouve aujourd’hui avec trop de dédoublements de structures, trop de cadres, trop de dépenses inutiles.

Des mesures cosmétiques, vous dites? OK. Parlons de vraies réformes alors. Comme introduire (attention : bouchez-vous les oreilles et couchez les enfants!) la concurrence dans la livraison de services, comme le transport en commun, la collecte de déchets ou la réfection des rues.

Ça se fait à Londres, en Suède, au Danemark et aux États-Unis. Avec succès. La ville finance et encadre le service, mais des entreprises se concurrencent pour remporter des contrats d’opération d’une durée de 3-4 ans. (Vous me direz : réglons les problèmes de corruption à Montréal avant de se lancer là-dedans, et je suis bien d’accord.)

Avec cette formule, est-ce que la Société de transport de Montréal – qui a haussé les frais à ses usagers de 40 % en huit ans – aurait toujours le contrat des métros et des autobus aujourd’hui? Peut-être, mais ce serait intéressant de pouvoir le vérifier.

Un Rob Ford à Montréal?

Lentement, Montréal pave la voie à un Rob Ford. Ce nouveau maire de Toronto, un ancien coach de football qui ne mâche pas ses mots, s’est fait élire en promettant de faire le ménage dans l’administration de la ville. De réduire les dépenses, d’arrêter de diaboliser l’automobile, et de baisser les taxes des Torontois.

Si Montréal continue à taxer ses citoyens sans réduire ses dépenses, c’est ce qui va arriver d’ici 2-3 ans. D’abord, l’exode vers les banlieues va s’accentuer (les maisons sont déjà hors de prix pour les jeunes familles. Ajoutez les hausses de taxes à répétition, et bonjour la banlieue!) Ensuite, un politicien opportuniste va se pointer. Il va promettre aux Montréalais de faire le ménage à l’Hôtel de Ville, confronter le syndicat des cols bleus, et baisser les taxes.

Et vous savez quoi? Il va probablement se faire élire.

Avouez au moins que ce serait drôle. Écouter un Rob Ford jaser de parcomètres à Montréal avec le maire du Plateau, Luc Ferrandez….

Un politicien courageux, et ça presse!

- 22 novembre 2010

Le Québec fonce dans la mauvaise direction. C’est le constat qu’un grand sondage QMI – Léger Marketing nous apprend, et qui confirme ce qu’une majorité d’entre vous sait déjà. Vous avez l’impression qu’on gaspille vos impôts. Que vous payez toujours plus pour des services qui se détériorent.

La raison, selon moi : nous sommes victimes de la corruption. Pas celle dont les médias parlent. Je parle de la corruption « soft ». Celle qui, même légale, détourne vos impôts vers les p’tits amis et les régions où les politiciens veulent acheter des votes.

Je parle de l’alliance malsaine entre politiciens et groupes d’intérêt : syndicats et cadres de la fonction publique, entreprises multinationales, lobby agricole, et lobbys de toute sorte. Ces groupes possèdent un accès privilégié au gouvernement, et quémandent constamment des subventions ou des hausses de salaire.

Des intermédiaires coûteux

Vous vous demandez pourquoi l’État grossit constamment? Pourquoi les programmes sociaux coûtent toujours plus cher?

Prenez les garderies à 7 $. Le programme coûtait 290 millions $ en 1997. Aujourd’hui, la facture grimpe autour de 2,3 milliards. (En incluant les augmentations qu’exigent les 15 000 intervenantes en milieu familial, présentement en négociation.)

En 13 ans, le coût du programme a augmenté de huit fois. Est-ce que les parents ont un service huit fois meilleur? Non. Pendant la même période, le nombre de places a augmenté de 82 000 à près de 200 000… seulement 2,5 fois plus. Où est passé tout l’argent? Faudrait demander aux centrales syndicales – qui ont syndiqué tout ce qui bougeait dans ce programme –, aux bureaux coordonnateurs et à toute la bureaucratie qui s’est greffée autour du programme de garderies à 7 $. Pendant ce temps les parents doivent donner des pots-de-vin aux gardiennes pour dénicher une place, ou attendre trois ans sur une liste.

En santé : nous donnons 28 milliards $ de nos impôts par année au système. Malgré cela,  un Québécois sur quatre est incapable de trouver un médecin de famille. Ou un pédiatre. Comment est-ce possible? Une piste : sous pression des lobbys, le gouvernement engage une tonne de bureaucrates au lieu du personnel soignant. Depuis dix ans, le nombre de cadres a crû de 30 %. Le personnel soignant : 6 %. Le réseau compte aujourd’hui presque un cadre pour un employé sur le plancher! De beaux emplois à 100 000 $ et plus, pendant que vous végétez 18 heures à l’urgence.

Le patronat n’est guère mieux. Les subventions aux entreprises – souvent des multinationales qui font des milliards de chiffre d’affaires – dépassent maintenant les six milliards par année au Québec (en incluant les prêts sans intérêts, garanties de prêts et crédits d’impôt). C’est 1600 $ par contribuable. Trois fois plus qu’en Ontario, province qui compte pourtant beaucoup plus d’entreprises. Chaque année – récession ou pas – ces subventions augmentent.

Du courage s.v.p.

Revenons au sondage. Un souhait cher à vos yeux : être plus riche. Mais les trois quarts d’entre vous s’attendent aussi à payer plus d’impôt en 2020, et souhaitent préserver les programmes sociaux.

Pour que vos souhaits se réalisent, il faut que l’État coupe dans les intermédiaires. Dans les privilèges de ceux qui se placent entre vos taxes et les services que vous recevez, et qui sucent une grande partie de l’argent qui passe. C’est la seule façon de réduire les impôts, tout en maintenant les services auxquels vous tenez.

Ce que vous nous dites, c’est que vous avez besoin d’un politicien courageux. Prêt à affronter les lobbys et à éliminer la corruption « soft ». Un politicien qui va privilégier les citoyens, au lieu de privilégier le système et ceux qui en vivent.

Finances publiques: un avertissement

- 19 novembre 2010

Les «négationnistes» de la dette et des finances publiques devront sortir leur tête du sable.

Une étude dévastatrice du réputé Conference Board vient de lancer un seau d’eau froide au visage des Québécois et de leurs politiciens. Son message : réveillez-vous! Cessez de vivre au-dessus de vos moyens, et coupez dans vos programmes. Ou vous le payerez cher plus tard.

Si on demeure les bras croisés, les contribuables québécois payeront une TVQ de 19,5 % dans 20 ans. C’est ça, ou un déficit annuel de 45 milliards $ (en comparaison, ce déficit sera d’environ 5 milliards cette année.) Une TVQ à 19,5 %, ça veut dire qu’une auto à 25 000 $ vous coûtera 32 116 $ avec les taxes. En supposant que la TPS, elle, ne monte pas.

Croyez-le ou non, je suis encore plus pessimiste que le Conference Board. Deux gros nuages gris planent au-dessus de nos têtes. D’une part (et l’étude le souligne), le vieillissement de la population va exercer une pression énorme sur le poste le plus important du budget, la santé. Nous aurons des centaines de milliers de gens à soigner, et de moins en moins de contribuables – surtaxés – pour financer le système.

Des lunettes roses

D’autre part (ça, l’étude n’en parle pas), la prétendue reprise économique fait porter des lunettes roses aux gouvernements, qui surestiment leurs revenus futurs. Or la crise économique est loin d’être terminée. Qu’a-t-on réglé au juste depuis deux ans, à part renflouer Wall Street et remettre les problèmes à plus tard? Aujourd’hui, les Québécois et Canadiens n’ont jamais été aussi endettés. Pour plusieurs, un chèque de paye en retard et c’est la catastrophe. Et avec les prix démesurés des maisons, notre situation commence drôlement à ressembler à celles des États-Unis… avant leur débâcle. Imaginez si on replongeait en récession.

Et prions pour que les taux d’intérêt ne montent pas trop vite. Sinon, le service de notre dette (de 223 milliards) deviendra vite insoutenable.

Tous ces facteurs – du moins, leur éventualité – nous obligent à nous préparer. Malheureusement, le gouvernement Charest a préféré, dans son dernier budget, fouiller plus profond dans les poches des contribuables. Au lieu d’avoir le courage d’affronter les groupes d’intérêts et sabrer les dépenses de l’État. Les économistes du Conference Board l’ont compris. C’est pourquoi ils questionnent fortement les hypothèses de contrôle des dépenses du gouvernement.

Il n’est pas trop tard

Nous pouvons encore changer le cours de l’avenir. Cette étude nous sert un avertissement. Québec doit cesser de se mettre la tête dans le sable. Année après année, le gouvernement s’endette simplement pour faire fonctionner la machine. Pour payer tous ses bureaucrates, les programmes sociaux, et nourrir notre troupeau de vaches sacrées. C’est une situation insoutenable, qui ne se corrigera pas en haussant les taxes ou les impôts. L’État n’a pas un problème de revenus – nous sommes déjà parmi les plus taxés en Amérique du Nord! -, nous avons un problème de dépenses. En fait, nous possédons le titre peu enviable (et absurde) d’État à la fois parmi les plus endettés et les plus taxés.

Inspirons-nous de ce que font plusieurs autres gouvernements occidentaux en ce moment, c’est-à-dire réduire les dépenses et la taille du gouvernement. L’occasion est propice : un récent sondage nous apprenait que 51 % des Québécois souhaitent un retour à l’équilibre budgétaire dès le prochain budget. Et 80 % affirment que le gouvernement devrait y arriver en réduisant ses dépenses. Une majorité de Québécois comprend l’urgence de la situation.

Le mur approche. Certains ont d’assez bons yeux pour le voir. D’autres préfèrent malheureusement les fermer.